Réponse à PDH
Je tiens à préciser que j'écris ceci en tant que sympathisant PDH séduit par la grille d'analyse décoloniale et apprenti gauchiste gros cerveau.
L'idée est de synthétiser les reproches que je peux vous faire sur le traitement du sujet "Révolution syrienne" en particulier et les sujets internationaux en général. ça m'évitera de faire ou pas le choix de réagir à chaque vidéo et de devoir m'expliquer après coup ou y renoncer car ça n'en vaut pas la peine, c'est cause perdu.
Ce que je ne vais pas vous faire non plus ici c'est vous vendre une "Révolution syrienne" géniale, pourtant je pourrais, je l'aime ma révolution, mais c'est un sujet subjectif et qui évolue tout les jours.
La vision matérialiste des événements
Dans la tradition qui est la notre, nous humanistes, anti raciste, décoloniaux communistes, nous aimons regarder les choses telles qu'elles sont pas telles que devraient être pour correspondre à notre schéma de penser. C'est là, je pense, une de nos caractéristiques principale, celle dont nous sommes le plus fier. Nous, pour créer un discours, on étudie le réel, on lit des livres, on écrit des articles et on utilise des sources. On a une méthodologie et on prend en compte (presque) tout les éléments qui nous parviennent du réel.
Par exemple, quand on parle immigration en France ou en Europe on conteste l'utilisation du vocabulaire vague comme submersion, flux, forteresse, et on sait surtout détecter le réel discours qui est permis par l'abandon du réel par ceux qui l'utilisent.
On utilise la même méthode pour les sujets d'actualité et pour les enjeux sociétaux et politique de nos sociétés occidentales. On ouvre les yeux sur la réalité et, c'est le point fort de PDH, on construit un discours qui ne ménage pas la vision globalement admises des choses par les forces progressistes traditionnelles. Qui a lu "Beauf et Barbare" le sait. A PDH on a pas peur de bousculer, ceux qui regardent la perm' le savent on n'a pas peur de désavouer des postures pourtant jusqu'à là admises. Toujours en défendant une vision plus proche du réel. Il faut assumer une réelle cassure dans le contrat social pour assumer derrière un souhait impossible d'union petit blanc et barbare.
Nous ne sommes pas idéologues, et c'est en scrutant les discours des autres, des adversaires, avec les lunette PDH qu'on arrive à déceler de l'idéologie.
Tout ça est vrai, sauf pour l'international ! Dès que le sujet dépasse le cadre de l'Europe le réel n'est plus intéressant et les éléments du discours sortent de je ne sais pas quelle poche magique, poche troué. Un jour dans une émission de PDH un intervenant évoque une surpuissance prétendue de la Russie qui permet de dénigrer complètement le plan de réarmement européen de je ne sais plus combien de centaines de milliards d'euro, le lendemain Varoufakis, toujours chez PDH déclare que la Russie est insignifiante militairement ce qui permet de dénigrer ce même plan de réarmement. PDH applaudi et n'y trouve rien à redire. Le tout fait du Houmous ...
De mon point de vu, cet élément, la puissance militaire supposée de la Russie, est en réalité peu important, il ne dit pas grand chose, à lui seul, de la menace Russe pour l'Europe, mais tout ça est pas important, le réel n'est pas important sur ces sujets.
Le pire c'est qu'en vrai vous n'y connaissait rien. Et ben quand on connaît pas on se tait !
les exemples sont nombreux, j'ai entendu que la Russie de Poutine n'est pas impérialiste, que la Turquie d'Erdogan l'est, que les pays du golf sont tous des salauds et que seul l'Iran était l'ami de la Palestine. J'ai entendu que la CIA était présente à Meïdan lors de la révolution de la dite place en Ukraine et que "donc bon... hein ..." TEXTO
Mais la CIA c'est son boulot d'être présente en Ukraine lors de manifestation qui menace le régime, de même en Syrie, en Égypte et partout ailleurs. Si elle n'y était pas elle serait incompétente. A cette même place de Meïdane il y avait des services de renseignement russe aussi, et même de Namibie peut-être tiens ! qu'est ce que ça dit de la révolution Ukrainienne qui a renversé le régime ? Rien ! à part pour ceux qui concluent leur analyse géopolitique d'un "donc bon hein ..."
Si on revient au traitement des sujets sociétaux occidentaux, on sait qui utilisent les "donc bon hein ..." comme conclusion.
Tout ces éléments du discours sortent comme ça du chapeau sans source, sans études, sans arguments. Croyez nous public quand on raconte n'importe quoi.
Le discours est préconçu peut importe l'évènement, on fait coller la réalité à nos idées. Le discours est identique à l'analyse qui était faites des différentes régions du monde il y 20 ou 30 ans, non rien n'a changé, on ne met pas à jour le logiciel PDH selon les changements inévitables des sociétés. On ne s'intéresse pas aux fait, on s'appuie sur des phrases isolées issues d'articles fumeux. On invite des spécialistes pour ne pas les écouter, pire pour leur donner des leçons sur la nécessité d'un état fort et centralisé causé par la présence de l'impérialisme américain.
Toute une vidéo de PDH pour parler de l'effet de l'impérialisme américain au moyen orient qui commence par Sykes et Picot pour finir par la Syrie sans parler de l'invasion américaine en Irak ! Oui c'est possible chez PDH.
Le réel des situations que vivent les pays hors Europe qui font l'actualité est donc éludé, peu étudié, on ne s'intéresse pas à la réalité des luttent qui font rage dans les sociétés du Sud ni a l’aspiration des populations pourtant criée sur tout les toits et offerts à ceux qui veulent bien les entendre. Ces aspirations bien souvent pourtant assoiffée de liberté d'émancipation et de décolonialisme. Ces mêmes populations qui crient aussi leur besoin d'aide pour construire un discours qui permet d’échapper à l'impérialisme, personne ne leur répond du côté des forces progressistes, encore moins du côté des anti-impérialistes, seul l'impérialisme répond.
N'est libératrice et émancipatrice que notre révolution
La relation de PDH avec le progressisme est de mon point de vu ambiguë. Je concède que l'impérialisme occidental est un éléments déclencheur d’événements reconnus par ce même impérialisme occidental comme libérateurs et émancipateurs. Et pour PDH ça va des femmes qui se dévoilent en Iran, des ONG humanitaires dans les pays Arabe, jusqu'à la culture LGBT dans les banlieues.
Je concède aussi à l'analyse qui dit que les pays du sud avait leur propres libertés et leur propre modernité avant l'arrivée du colonialisme. Et que donc il est compliqué de s'enthousiasmer pour des pratiques modernes dans les pays du sud qui sont clairement singé du monde occidental qui continue jusqu'à aujourd'hui son influence coloniale.
Je concède aussi que l'occident ne permet aucune modernité dans les pays du sud à part une modernité capitaliste qui soit vassalisé et qui sert les intérêts occidentaux en premier.
Il y a tout de même plusieurs problèmes avec cette posture que PDH ne semble pas voir.
Premièrement, elle est en contradiction avec un de leur mantra, "nous ne nous permettons pas de dire aux habitants du Sud les choix qu'ils doivent faire". Dans les fait PDH nient aux habitants du Sud la possibilité de faire des choix car, peu importe le choix qui est fait, il est étudié sont l'angle de sa relation avec l'impérialisme occidental, cet impérialisme occidental omniprésent et qui donc prend automatiquement part ou trouve profit comme il sait le faire de tout les changements dans n'importe quelle partie du monde. En définitif peu importe le choix qui est fait il est délégitimé par PDH.
Deuxièmement, il y a eu des choix qui ont été fait dans les pays du sud qui ont affronté frontalement l'impérialisme américain par tout ses aspects. Qui ont coché toute les cases de l'anti-impérialisme, parlons de l'éléphant dans la pièce : la résistance djihadiste Salafiste. Ils ont tout bons, ils détestent les américains, ils refusent de singer les occidentaux, ils détestent les communistes tout, tout, comme, l'autre éléphant dans la pièce, la révolution islamique en Iran. Ils sont même mieux car les salafistes refusent les états nations, alors que la révolution islamique d'Iran au contraire les considère pleinement. A une époque la république islamique d'Iran parlait timidement d'un internationalisme et d'exporter la révolution, ce qu'ils n'ont jamais vraiment fait. Les salafistes eux l'ont fait plein de fois peu importe les frontières et les difficultés et l'ont payé cher.
Ah si une fois, l'Iran a tenté d'exporter la révolution, c'était en Syrie, dans les années quatre vingt mais c'était contre Hafez El Assad, un chouchou de PDH donc c'est compliqué, n'en parlons surtout pas. Pourtant chez PDH on aime les anecdotes historiques révolutionnaires. On en fait des podcast.
PDH a fais son choix, pourquoi, comment ? on ne sait pas. Entre les deux éléphants, il n'a pas choisis le plus pure d'un point de vu décolonial, il a choisi un état nation. Mais PDH assume sont choix, tellement qu'ils sont prêt à être totalement aligné avec la force militaire occidentale coordonnées par les américains qui ont combattu le djihadisme salafiste aux Pakistan, en Afghanistan, en Arabie Saoudite, en Irak et en Syrie. Là, cet alignement ne leur posent même plus de problème.
Loin de moi vouloir défendre le djihadisme Salafiste, c'est un fascisme, tout comme l'est la République islamique d'Iran de mon point de vu.
Tout cela pourrait s'arrêter à ce niveau de malaise, sauf que le malaise devient angoisse quand ce choix est tellement encré que tout mouvement social et politique dans le sud se retrouve désigné comme non libérateur s'il n'est pas aligné à l'Iran. L'exemple le plus frappant étant la révolution syrienne.
La vision de l'arabe
"Tout les dirigeants arabes sont des traîtres". Cette phrase, qu'est ce qu'elle sonne faux. Elle est aussi vulgaire que "les arabes sont des voleurs". Pourtant c'est la grille de lecture PDH sur le monde arabe. Cette phrase a été entendue plusieurs fois sur les plateaux PDH sans aucun commentaire. Comme indiqué plus haut, il y a un manque d'intérêt au réel en dehors de l'Europe. Pourtant le sujet des pays arabes intéresse particulièrement PDH. Ces pays qui sont tous en relation plus ou moins direct avec la Palestine. Alors comment le dire sans utiliser le mot bêtise, mettre dans le même panier les émirats Arabe Unie le principal proxy israélien dans la région, l'Arabie Saoudite qui s'éloigne des US autant que possible après avoir été leur jardin privé, et le Qatar un petit pays hyper actif diplomatiquement, mettre ces trois pays du golf dans la même case traître ça montre une aveuglement qui pousse l'admiration.
De même pour les pays frontalier de la Palestine, l’Égypte, le Liban et la Jordanie, ne les considérer comme étant uniquement tenté de vendre les palestiniens c'est aberrent. S'ils avaient voulu les vendre ils l'auraient fait depuis longtemps.
Tout ces pays sont traversés par des crises et des tensions colossales et différentes, leurs populations vivent des changement et des bouleversement constamment et, je tiens à le rappeler, ils ont tous Jérusalem et la Palestine libre dans leurs cœurs et leurs préoccupations de Abu Dhabi au Caire. A tel point que eux sont près à des concessions et à affronter la réalité plus que certain anti-impérialiste occidentaux.
Mais tout ça chez PDH ça s'appelle les pays Arabes et leurs caractéristique c'est que leurs dirigeants sont des traîtres, sauf ceux sous influence iranienne. voir chapitre précédent.
Ces même pays arabe qui ont donné au monde AlJareera, le roi Faysal qui a coupé le pétrole au monde pour la Palestine, qui ont donné la guerre de 1947 et 1973, qui ont bombardé Israël, qui ont donné refuge aux palestiniens, qui ont alimenté pour le pire et le meilleurs la résistance palestinienne, qui ont donné les pires dictateurs de la planète et les plus grandes révolutions, qui ont chanté, pleuré, écrit la liberté, l'humanisme et la Palestine. Ceux-là même ne sont considéré que comme un terrain de jeu et d'évolution de l'impérialisme américain, un point à la ligne.
Et je n'ai pas parlé de l'islam, qui n'est jamais évoqué chez PDH, à part pour parler de Wahabisme en Arabie Saoudite et, dernièrement, de Fanatisme en Syrie post révolutionnaire.
la vision d'au delà de la réalité
En conclusion, chez PDH on se retrouve à parler de la Syrie sans parler de la Syrie. Le point de pivot et de diaboliser ce qui est advenu après Bachar El Assad.
Cet Assad tellement dégouttant et fuyard que PDH a renoncé à le défendre, ouf ! Mais n'empêche que peu importe ce qui lui succède il est diabolisé dans une réaction tout à fait grotesque car aujourd'hui où j'écris rien de clair n'a encore succédé à Assad. Tout est en chantier, tout, du petit fonctionnaire de police aux relations internationales et aux sanction financière infâme toujours maintenue sur ce pays en naissance. Rien n'est fait mais en Syrie mais PDH a déjà les réponses, structurellement pas anti-impérialiste, fanatique islamiste, massacreur d'Alaouite, qui ne vont pas défendre la Palestine.
On remarque finalement que peu importe les faits à l'international, PDH ne voit qu'au delà de ces faits, au delà des luttes sociétales et politiques réelles. Il voit la guerre contre l'impérialisme et se positionne à ce niveau et explique tout à ce niveau.
Un discours qu'il ne valait mieux pas sortir
Tout cela PDH arrive pourtant à le mélanger, un mélange indigeste, à la Korbin ou à la Sophia Chikirou. Je m'étonne d'ailleurs que PDH ne parle pas du fameux Pip-line qui conditionne selon Mélenchon cette "guerre" en Syrie.
Je ne sais plus qui disait côté PDH qu'il faudrait éviter les vidéos sur les sujets internationaux car ils ne sont pas expert. Je suis d'accord, oh que oui. Ça nous évitera de futurs vidéos que n'importe quel "péquenaud de la fête de l'huma" pourrait faire, en mieux...
Pourtant je pense que c'est nécessaire, souhaitable et que PDH pourrait faire tellement mieux.
Le lien barbare bledard
PDH est à l'origine du mot barbare, c'est fort, c'est percutant, ça réinitialise la vision qu'on a de la société en occident et ses problèmes. Mais PDH oublie de mon point de vu l'aspect bledard de ces barbares. Il existe pourtant un lien fort, une intrication, de la vision qu'à le barbare de lui même en tant que descendant d'immigré en occident et son pays autre, le pays avec lequel il a une part d'imaginaire et qui lui permet de se représenté à lui même. Un des espoirs et des aspirations de ce bledard est d'être un jour fier d'avoir achevé la décolonisation de ce pays autre. Le discours de PDH est qu'il peut agir sur l'impérialisme depuis le pays occidental où il vit et se construit, ce pays coupable de colonialisme, mais aussi en écoutant les informations sur ce que font ses cousins au bled. Car la finalité du décolonialisme et de la lutte contre l'impérialisme est de libérer les peuples, de permettre leurs émancipation. Le but n'est pas juste de vaincre l'impérialisme. La thèse qu'on ne peut pas faire l'un sans l'autre est juste et c'est la thèse PDH, mais c'est catastrophique de refuser la libération si on estime qu'elle ne met pas à mal, pas assez, pas de la bonne façon, l'impérialisme occidentale.
Et c'est en ça que la révolution syrienne, et les autres révolutions du printemps arabe ont secoué les barbares en occident. Non seulement parce que à leurs yeux elle démontre une faiblesse dans la main mise impérialiste sur leur parti du monde (point contesté par PDH) mais aussi car elle montre qu'avancer sur l'aspect libération et émancipation est possible, on leur a tellement dit que c'est souhaitable.
Un autre fantôme hante les imaginaires barbare occidentaux, les départs de jeunes pour la Syrie, départ pour le combat ou pour une autre vie. Un choix maladroit, de sauveur, sacrificiel, pour sauver ce cousin outre mer, pour combattre réellement et factuellement l'impérialisme. C'est cet aspect là que PDH ne veut pas regarder, ne veut pas analyser pour construire un discours. A part la réaction, tout à fait aligné avec le 20H de TF1, c'est des idiots fanatisé, espérons qu'ils ne reviennent pas, je n'ai rien entendu à ce sujet. PDH nous a habitué à plus d'audace, à plus de perspicacité.
Les foudres de l'impérialisme se sont abattu sur ces jeunes, emprisonné, jugé à la va vite, bombardé, emprisonné dans des camps dans le désert et leurs enfants abandonné comme des chiens. PDH aussi les a abandonné, ces jeunes partis pour un idéal décolonial , construire autre chose qu'un état nation complètement opposé à l'impérialisme et au colonialisme occidental, idéal bien loin de la réalité certes, mais idéal quand même. Non pas que PDH auraient du les défendre, mais au moins construire un discours, une explication, une analyse, les prendre en compte.
Pour finir
Cette critique est destiné à être un conseil, elle restera privé, je ne fais pas d'attaque publique sur PDH. PDH a trop de valeurs à mes yeux par ailleurs pour que je souhaite du mal à cette organisation, et je continuerais à regarder et commenter les vidéos futurs de PDH avec plaisir.
De plus, la révolution syrienne a gagné, et je m'en réjouie, ce qu'il faut comprendre cest qu'en vrai aujourd'hui on s'en fout des discours mensongers, biaisés et malhonnêtes sur le sujet. Ça n'a plus d'impact direct sur des vies syriennes.