Le livre suit la pensées philosophique dans les monde islamique "académique" càd tel qu'elle a été étudiée et analysée par le milieu académique contemporain.

Il couvre toute la période de la pensées islamique du VIII ème siècle (mou3tazila, Ah3arit and co) jusqu'à nos jours (les modernistes, et les penseurs Shiite Ishraqi), chronologiquement et de manière passionnante car l'attention est mise sur la polémique (au sens scientifique) entre les différents penseurs.
Ibn Sina est bien le personnage central du livre, sa pensée est celle qui est le plus développé et retranscrite dans le livre (perso ça m'a saoulé) mais là où le livre se démarque par rapport à d'autre ouvrage moins plaisant à lire c'est qu'il ne considère par Ibn Sina comme la source de la pensée principale en reléguant le reste des penseurs à des diffuseur ou des réflecteur de Ibn Sina. Chaque penseurs est contextualisé et l'auteur prend le temps de développé les idées et les principes qui évoluent tout le long de l'histoire.
En tout cas on est bien au delà du simple triptyque simpliste Ibn Sina - al Ghazali - Ibn Rushd et c'est tellement bien de sortir de cette vision occidentalo-centré.
Le livre est passionnant et se lit comme une enquête ou une histoire de la pensée.
Mon seul regret c'est qu'il n'a pas approfondie le sujet Ibn Taymiyah qui me semble est injustement traité et réduit à la simple négation du principe de spéculation philosophique. (Si quelqu'un a une référence de livre intéressant sur Ibn Taymyah je suis preneur).
à certains moments il faut s'accrocher pour suivre les déroulés philosophique et métaphysique des péripatéticiens ou sinon faire comme moi et sauter des paragraphes qui font tourner en rond (la substance donc l'Un donc l’âme sinon l’intellect puis l'émanation alors la volonté nécessaire ... oui bon c'est long et nul ton truc Ibn Sina :D)
Mon ressenti : j'ai adoré, je connaissais la majeurs partie des personnages, mais j'ai pu grâce à ce livre mieux saisir les enjeux. Certain point sont vu sous un nouvel angle dans ce livre (ou en tout cas des angles dont je n'avais pas connaissance) comme la question du coran créé ou incréé ou les arguments anti platoniciens de al Ghazali.
Il n'a pas se délire pro Ismaiilite / Shiite comme Henry Corbin ou son élève Christian Jambert. Pour eux c'est presque si tous les penseurs musulmans étaient Shiite ...
L'idée que je me fais de la pensées philosophique islamique est : je regrette la volonté à travers l'historie de l'Islam de cette recherche de LA Vérité et c'est pour ça que je ne porte pas spécialement en grande estime cette histoire de la pensée islamique et je n'y vois pas un salue, et ce livre me conforte dans cette idée. Mais au moins j'ai une vision plus clair sur les conflits intellectuels de l'époque et le cheminement qui nous fait arriver jusqu'à aujourd'hui. Le refus encore et toujours du matérialisme, et la séduction toujours aussi forte qu'exerce cette pensées islamique sur les sociétés des pays musulmans.
Ce qui manque à ce livre je pense, c'est un peu de sociologie de la réaction islamique càd la monté en puissance épisodique de l'islam sociétal réactionnaire qui a combattu de façon plus ou moins forte la liberté académique (en égypte Fatimide, ou en afrique du nord vers la fin de l’Andalousie). ça a été abordé rapidement pour la période abbasside mais uniquement à ce moment là.
Dans l'idée j'aimerais savoir à quelle moment les sociétés musulmanes ont fait monter l'intégrisme pour siffler la fin de la partie pour les délires philosophiques.